Monsieur le Président,
Dans le cadre de la requalification de l’Hôtel-Dieu, nous venons d’apprendre que la signature du bail à construction était prévue fin février. Le projet d’Eiffage tel qu’il a été présenté au jury puis aux Lyonnais, affiche une volonté sincère de respecter l’esprit du lieu. Et pour m’être battu en ce sens au sein du comité de pilotage, je m’en réjouis sincèrement.
Une fois signé, le bail à construction confèrera une quasi-propriété au groupe Eiffage, limitant considérablement tout droit de regard des HCL comme de la collectivité sur l’usage à venir de ce site emblématique et si cher aux Lyonnais. D’autant qu’Eiffage ne restera sans doute pas longtemps maître de ce projet, semble-t-il. Il apparaît donc impératif de poser, dans l’acte juridique, des garanties pour que « le Grand Hôtel-Dieu » annoncé soit effectivement le projet réalisé en 2016 et pour les décennies qui suivront.
Sur le financement d’abord, une hypothèse a été présentée en comité de pilotage. Le bail validera-t-il cette hypothèse ?
Dans la désignation de la construction projetée ensuite. Il est indispensable de veiller à ce qu’il soit prévu une limitation du nombre de m2 commerciaux. C’est une nécessité pour ne pas faire de l’Hôtel-Dieu, à moyen où long terme, un nième centre commercial. Par ailleurs, les difficultés de commercialisation des locaux du quartier Grolée démontrent bien les limites d’expansion de la poche de commercialité sur ce secteur. Encadrer le nombre de m2 commerciaux sert donc aussi l’équilibre économique de notre centre-ville.
Nous avons bien conscience de la difficulté de réglementer l’usage qui sera fait du site de l’Hôtel-Dieu. Mais certaines activités pourraient s’avérer incompatibles avec l’esprit de ce site. Il est donc de votre responsabilité de veiller au respect du lieu dans le choix des activités qui seront proposées.
De même, lors du passage devant le comité de pilotage, Eiffage s’est engagé à accueillir divers organismes liés à la santé, notamment le Pôle régional de santé, l’Ordre des médecins et le musée. Ces projets ont été présentés comme les garants de la continuité de la tradition médicale à l’Hôtel-Dieu. C’est d’ailleurs une des raisons qui a incité le comité de pilotage à choisir ce projet. Cela doit aussi faire l’objet d’une mention dans la désignation de la construction et de l’aménagement projetés.
Enfin, il n’est, à ma connaissance, prévu aucune réunion du comité de pilotage dans les semaines à venir. Compte-tenu de l’importance que revêt ce bail à construction, il doit être soumis à l’approbation de ce comité avant signature.
Sans vouloir porter atteinte à la liberté d’action de l’investisseur, il est nécessaire de poser juridiquement les contours de l’Hôtel-Dieu de demain, tel qu’il nous a été présenté. Nous ne pouvons laisser cette part de notre cœur d’agglomération aux mains des investisseurs, aussi bien intentionnés soient-ils, sans aucune garantie. Le quartier Grolée ne s’est toujours pas remis de cette erreur. Ne commettons pas la même sur l’Hôtel-Dieu.
Dans l’attente de la date du prochain comité de pilotage pour valider ce bail, je reste à votre disposition et vous prie, Monsieur le Président, de recevoir mes cordiales salutations.
Denis BROLIQUIER, maire du 2e arrondissement