Denis BROLIQUIER, maire du 2e arrondissement, exprime sa profonde émotion à l’annonce du décès de Paul Scherrer, qui, sans jamais avoir été un politique, restera un des acteurs majeurs de la vie publique lyonnaise et de la presqu’île.
« Précurseur de la démocratie participative
Créateur du Comité d’Intérêt Local Centre Presqu’île, il a essaimé puis fédéré les Comités de Lyon au sein de l’UCIL dont il a été président de 1963 à 2001. En 1976, au titre de l’UCIL, il cofonde CARNAQ, le Carrefour National des Associations et des Comités de Quartier, posant ainsi à l’échelle locale comme nationale les prémices de la démocratie participative.
En 1981, les rédacteurs de la loi PLM s’inspireront de sa méthode pour donner officiellement la parole aux associations en créant les CICA au sein des mairies d’arrondissement.
Visionnaire
Maîtrisant parfaitement le temps de la ville, il pensait loin mais toujours avec pragmatisme. Dès les années soixante, il prend position pour l’embellissement des espaces urbains le stationnement souterrain et la défense du patrimoine. A ce titre, il édite la revue « Centre Presqu’île de Lyon » dévoile, au fil de ses 27 numéros, les trésors patrimoniaux lyonnais.
Il s’intéresse aussi de très près aux transports. En 1962, il lance l’idée d’un métro pour l’agglomération lyonnaise. En 1964, il fonde l’association LYON-METRO pour promouvoir cette idée. Une implication très forte là encore qui l’amènera à siéger dans de nombreuses commissions régionales mais aussi nationales comme la Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports. Avec d’autres, il milite avec tant de conviction pour la création du métro qu’il fera de Pradel l’un de plus fervents défenseurs de ce projet. Paul Scherer disparaît alors que l’on fête les 30 ans du métro lyonnais. Je me retrouve dans sa vision du métro qu’il qualifiait de « solution moderne, efficace, crédible, la seule susceptible de dissuader les gens d’utiliser leur voiture ».
Un homme libre
Pragmatique, constructif et fédérateur, Paul Scherrer était un homme de conviction, déterminé à porter ses idées. Pour garder sa liberté de parole et d’action, il a préféré la voie associative au pouvoir politique qu’on lui a pourtant plusieurs fois proposé. »