Grolée : grincement de dents autour d'une revente
L'américain Cargill, qui avait acheté en 2004 dix immeubles hausmanniens à la ville de Lyon, en revend le tiers aux Docks lyonnais avec une plus-value exceptionnelle.
Les pas-de-porte du quartier Carnot-Grolée à Lyon, sont revendus pour 98,873 millions d'euros par l'actuel propriétaire, l'américain Cargill, à la SA Les Docks lyonnais. Les 18 compromis de vente, qui correspondent à 18 lots commercialisés par Saggel, qui comprennent des commerces et des premiers étages quand il y a un escalier intérieur, ont été signés entre le 11 et le 16 octobre.
La transaction fait grincer des dents l'opposition municipale, laquelle accusait Gérard Collomb de « dilapider les deniers de la ville » quand, en 2004, il a vendu ces dix immeubles haussmanniens (30 % occupés par des logements, 70 % des bureaux et des commerces) pour 87 millions d'euros, soit prÚs de 2 000 euros au mÚtre carré, à la filiale française du céréalier américain Cargill.
« Collomb n'a pas fait une si bonne affaire qu'il le disait à l'époque », indique le maire milloniste du 2e arrondissement, Denis Broliquier.
« Les Docks lyonnais achÚtent 33 % des 44 000 m2 de Grolée, pour une somme supérieure à celle que Cargill avait payée la totalité de la surface », souligne l'élu qui regrette que la bonne opération, ce ne soit pas la Ville de Lyon qui l'ait faite. Et Denis Broliquier de conclure : « L'équilibre social de tout un quartier va être pulvérisé par des tarifs que même la place Bellecour n'a jamais connus ». Hier soir, aucun commentaire sur cette revente n'était apporté par la Ville de Lyon.
Le quartier Carnot-Grolée est destiné à accueillir plusieurs boutiques de luxe, là où pour l'instant la plupart des enseignes sont celles d'agences de voyage. Zilli, premiÚre marque française d'habillement masculin de grand luxe, a ouvert il y a un an rue du président Carnot.
Jacques Boucaud
jboucaud@leprogres.fr Â
Un groupe lyonnais acquis par une société allemande
Les Docks lyonnais, cÎtés en bourse, font partie du paysage économique lyonnais depuis plus de cent ans. La société familiale, propriété de la famille Gontard, a été créée en 1904.
Elle s'est développée au départ dans la distribution alimentaire, sous la forme d'épiceries de quartiers, avant de devenir un groupe immobilier. En octobre 2005, Michel Gontard, l'ainé de la fratrie a cédé environ 84 % des participation qu'il détenait avec sa famille dans le groupe Docks Lyonnais. Une cession qui s'est effectuée à travers deux sociétés : Iénaval et Cofra.
A l'occasion de cette transaction, les Docks lyonnais ont été valorisés à 59 millions d'euros pour 100 % du capital. L'acquéreur est une société allemande Artemis Beteiligungs GmbH, une filiale de Shaftsbury et UBS Wealth Management. Leur participation s'élÚve aujourd'hui à environ 95 % du capital. Lors de la cession, les Docks lyonnais géraient un patrimoine d'environ 40 000 m2 de bureaux et locaux commerciaux ainsi que des entrepÎts, des résidences hÎteliÚres et des appartements.
Depuis, les Docks lyonnais ont acquis 3 ensembles immobiliers, composés d'immeubles situés en proche périphérie parisienne, d'une surface d'environ 100 000 m2.
Caroline Auclair
cauclair@leprogres.fr
Articles du jeudi 16 novembre 2006