"La relocalisation de cette MJC est un véritable roman feuilleton.
Il y a eu tout d’abord le projet de barge, dont les études ont coûté très cher. Pour finalement s’apercevoir - ce que les élus du 2e disaient depuis le début - que le projet était inapproprié du fait de sa conception et de sa situation géographique. Il a donc été abandonné. Après de nouvelles études elles aussi très coûteuses, nous aboutissons une nouvelle fois, certes à un projet esthétiquement séduisant, mais à une solution qui ne répond pas aux besoins de la MJC.
- Le site de la Capitainerie est toujours aussi excentré
- Avec un accès en voiture impossible puisque toutes les rues de ce secteur sont bornées et strictement réservées aux riverains. Ce qui pose un problème tout simple, celui de l’accompagnement des enfants.
- D’autant que le site, tout exceptionnel qu’il soit, ne garantit pas les meilleures conditions de sécurité. La MJC sera entre la darse et la Saône, à proximité du jardin aquatique.
- Mettez-vous un peu à la place des parents qui ont plusieurs accompagnements à faire pour les activités de leurs enfants chaque mercredi par exemple. Et particulièrement ceux qui viennent du nord de la presqu’île.
- Sans parler de l’abandon total du terrain d’aventure et du skate-park qui contribuait très largement à l’attractivité de la MJC.
Le choix de ce site inscrit également dans le marbre l’éclatement de la MJC dont le pôle Musiques actuelles du Marché gare est lui installé rue casimir Perier.
Pourquoi ne pas avoir regroupé l’ensemble des services de la MJC dans les bâtiments d’entrée du marché gare ? C’est une proposition de bon sens que nous vous faisons depuis longtemps. Une proposition approuvée et même reprise un temps par la MJC elle-même et le conseil de quartier.
Pourquoi vous obstinez dans un choix qui va l’encontre du bon sens, à l’encontre des besoins réels de la MJC et des familles du 2e ?
La première phase de la Confluence est décidément conçue comme un quartier vitrine, un quartier que l’on regarde, que l’on visite mais dans lequel il ne fait pas encore bon vivre.
Et les inondations de jeudi dernier ne font que le confirmer. Croyez bien que je le regrette sincèrement. Mais ce n’est pas faute de vous avoir alerté sur les erreurs commises.
Jeudi, en me rendant rue Montrochet pour constater les dégâts. Au passage, je n’y ai d’ailleurs crisé aucun élu de votre majorité. Sur place donc, j’ai bien entendu l’inquiétude des pompiers et des services d’assainissement devant cette situation ubuesque : on construit le quartier le plus moderne de Lyon qui n’a de haut débit que celui des eaux qui montent et empêchent toute intervention de secours. Je souhaiterais d’ailleurs connaître à ce sujet les mesures que vous mises en place. Comment compter-vous remédier aux carences de ce secteur ? Quelles solutions comptez-vous apporter en matière d’accès et d’assainissement ? Avez-vous mis en place une commission de suivi ? Des questions urgentes à régler puisqu’elles touchent à la sécurité des biens et des personnes.
Nous avons souvent critiqué votre méthode de décision arbitraire. On nous a souvent reproché de faire de la politique politicienne. Mais aujourd’hui, les faits parlent d’eux-mêmes. Manque d’accès, problèmes d’assainissement, manque de transports en commun, absence de haut-débit, malfaçons et j’en passe… Vous le constatez vous-même, Monsieur le maire. L’autoritarisme et la pression du calendrier politique ne sont pas les meilleurs conseillers.
Je le redis, nous le regrettons sincèrement. Car nous souhaitons la réussite de la Confluence. Pour la ZAC 2, c’est le bon sens et l’humilité qui doivent guider vos décisions. Il faut que les services techniques du Grand Lyon puissent réellement apporter leur expertise technique en pleine concertation avec la SPLA. Et que les élus, tous les élus concernés, puissent aussi apporter leur éclairage. Et qu’ils soient entendus ! Tout comme la population !
A une moindre échelle, le problème est le même pour la MJC. Cet équipement est essentiel dans le 2e arrondissement. Nous le savons et nous le soutenons. Mais le projet que vous nous demandez de voter aujourd’hui manque une fois de plus de bon sens. Il reste à espérer que les familles du nord de la presqu’île voire même de Perrache ne renonceront pas à l’unique structure d’animation sociale de notre arrondissement."
Intervention de Denis Broliquier, maire du 2e arrondissement en Conseil municipal du 13 septembre 2010